« Dieu le veut, Jésus le veut, Thérèse d'Avila le veut… Allons-y ! » C'est avec la force de cette devise résonnant dans le cœur de toutes les sœurs participantes que cette journée a été vécue avec intensité et joie.
Comme tous les autres jours, la matinée a commencé par un moment de silence et de recueillement, mais cette fois-ci dans un lieu très particulier : la petite maison de Notre Père, à Tortosa. Dans ce petit coin, où il a lui-même vécu et reçu l’inspiration fondatrice, nous avons préparé notre esprit pour une journée marquée par la redécouverte de notre identité, du sens même de notre vocation thérésienne. La redécouverte de notre identité, du sens même de notre vocation thérésienne.
Nous avons ensuite profité d’un moment de prière personnelle guidée par les premières fondatrices. Ce moment a rappelé les origines du mouvement catéchétique qui s’inscrivait dans la vocation éducative d’Enrique de Ossó, dont le cœur avait été touché par la réalité de l’enfance et la nécessité de former l’esprit et le cœur. Ce fut un cadre idéal pour que chacune puisse prendre le temps de réfléchir aux réalités qui nous touchent aujourd’hui et aux cris de notre époque que nous sommes appelées à entendre, en comprenant que le charisme est toujours un don pour le moment historique si nous sommes capables de le faire revivre.
Après une brève pause, cette expérience personnelle s'est transformée en expérience communautaire grâce à un beau moment de partage en petits groupes, qui s'est conclu par une célébration à l'église au cours de laquelle chaque groupe a pu exposer ses conclusions.
Après le repas fraternel à la maison de Tortosa, l’après-midi a de nouveau laissé place à la mémoire reconnaissante et à la profondeur théologique avec le webinaire animé par sœur Giselle Gómez, stj, intitulé « Une histoire qui a du sens », un parcours à travers les 150 ans de la Compagnie, invitant à redécouvrir que notre mémoire institutionnelle n’est pas un bloc statique du passé, mais un fleuve vivant de fidélité. Giselle a expliqué comment le charisme thérésien a su s’incarner à différentes époques et dans différentes régions, et elle a lancé un appel pressant à l’audace évangélique, en rappelant que reconnaître ses racines ne sert pas à nourrir la nostalgie, mais à prendre de l’élan et à regarder vers l’avenir.
La mémoire ne suggère pas un lien primordial, et encore moins exclusif, avec le passé. Son lien le plus fort est avec le présent : le passé est là, mais uniquement pour donner de la profondeur au moment présent. La mémoire va au-delà du conceptuel ; elle vise une pratique destinée à transformer la réalité. On se souvient pour agir. Sans cela, la mémoire perd tout son sens. La mémoire est avant tout la mise à jour de ce qui s’est passé, un présent qui trouve sa source dans l’amour de Dieu et qui est tourné vers l’avenir. C’est une clé de compréhension qui fait de l’histoire une théophanie, une révélation de Dieu qui appelle à la vie et rejette toute forme de mort injuste.
L'après-midi s'est poursuivi dans le prolongement de ce qui avait été abordé lors du webinaire, qui a de nouveau fait l'objet d'échanges en petits groupes. Guidées par les questions posées, les participantes ont été invitées à discerner et à partager leurs réflexions. Le dialogue s’est conclu par une prière demandant au Seigneur un cœur ouvert et audacieux, capable de marcher « en compagnie » et d’élargir son regard vers les nouvelles périphéries.
Après le dîner, le point d’orgue de cette journée si particulière a été la veillée, qui a été retransmise en direct afin de relier la communauté réunie à Tortosa à toute la Famille Thérésienne dispersée à travers le monde. Ce fut un moment de communion dans le charisme, où le silence, la musique et la lumière ont permis de remettre entre les mains de Dieu l’avenir de la Compagnie, en renouvelant l’engagement à rester une présence vivante qui tisse l’espoir au cœur du monde. En avant !



